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posts tagged "poesie"

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Il faut être toujours ivre, tout est là ; c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous.

Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront, il est l’heure de s’enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

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- Charles Baudelaire, Enivrez-vous dans Les petits poèmes en prose

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Tournoie, enfonce, va ! Le vide est dans tes yeux,
Et l’oubli s’épaissit et t’absorbe à mesure.
Si je rêvais ! Non, non, je suis bien mort. Tant mieux.


Mais ce spectre, ce cri, cette horrible blessure ?
Cela dut m’arriver en des temps très anciens.
Ô nuit ! Nuit du néant, prends-moi ! – La chose est sûre :


Quelqu’un m’a dévoré le coeur. Je me souviens.

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Charles Leconte De Lisle – Le dernier souvenir

Poèmes Barbares, 1862

"Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire"

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Apollinaire, “Nuit Rhénane”

"Il eût mieux valu faire comme tout le monde, ne prendre la vie ni trop au sérieux ni trop au grotesque, choisir un métier et l’exercer, saisir sa part du gâteau commun et le manger en disant qu’il est bon, que de suivre le triste chemin où j’ai marché tout seul ; je ne serais pas à écrire ceci ou c’eût été une autre histoire. A mesure que j’avance, elle se confond même pour moi, comme les perspectives que l’on voit de trop loin, car tout passe, même le souvenir de nos larmes les plus brûlantes, de nos rires les plus sonores ; bien vite l’œil se sèche et la bouche reprend son pli ; je n’ai plus maintenant que la réminiscence d’un long ennui qui a duré plusieurs hivers, passés à bailler, à désirer ne plus vivre."

- Gustave Flaubert, Novembre

"Autour de la bouche
Son rire est toujours différent,
C’est un plaisir, c’est un désir, c’est un tourment,"

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Paul Eluard - capitale de la douleur

"Le doux relent de mon amour défunt."

- Charles Baudelaire, les fleures du mal

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Tu es l’horreur de la nuit

Je t’aime comme on râle

Tu es faible comme la mort

Je t’aime comme on délire

Tu sais que ma tête meurt

Tu es l’immensité la peur

Tu es belle comme on tue

Le cœur démesuré j’étouffe

Ton ventre est nu comme la nuit.

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- Georges Bataille – Poèmes érotiques

"Tant la passion m’avait saisi pour cette amante délectable, moi non exempt d’épanchement et d’oscillante lubricité, je devais, ne devais pas mourir en sourdine ou modifié, reconnu des seules paupières de mon amante. Les nuits de nouveauté sauvage avaient retrouvé l’ardente salive communicante, et parfumé son appartenance fiévreuse. Mille précautions altérées me conviaient à la plus voluptueuse chair qu’il soit. A nos mains un désir d’outre destin, quelle crainte à nos lèvres demain ?"

- René Char- L’amante

"On regrette à la fin les agrestes bicoques"

- Cent mille milliards de poèmes,  poésie combinatoire de Raymond Queneau

Cent mille milliards de poèmes, poésie combinatoire de Raymond Queneau, 1961 ↘

"Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes."

- Jean Genet - le condamné à mort

"Ô ma tendre putain tes fesses ont vaincu"

- Guillaume Apollinaire

Mon rêve famillier - Paul Verlaine

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

"Tout ce qui illuminait à l’intérieur de nous gisait maintenant à nos pieds. Hors d’usage. L’intelligence que nous recevons du monde matériel, avec les multiples formes au-dehors nous comblant de bienfaits, se détournait de nos besoins. Le miroir avait brisé tous ses sujets. On ne prête pas le vent ni de descend le cours de la tempête. Ne grandit pas la peur, n’augmente pas le courage. Nous allons derechef répéter le projet suivant, jusqu’à la réalité du retour qui délivrera un nouveau départ de concert. Enserre de ta main le poignet de la main qui te tend le plus énigmatique des cadeaux : une riante flamme levée, éprise de sa souche au point de s’en séparer."

- René Char - récit écourté

"Gâteaux secs pour grands fauves. Servez-vous."

- René Char